Nouveau décollage de la Bio en France : forte hausse des conversions

La progression des surfaces et du nombre d’exploitations confirme un « nouveau décollage » de l’agriculture biologique en France s’appuyant sur la forte reprise des engagements de producteurs (+11%) en agriculture biologique, se traduisant par la progression des surfaces certifiées bio (+1%) et, surtout, par une forte augmentation du nombre d’hectares en conversion : +36,4%.
Source : agence bio



Un dynamisme accentué pour les surfaces fruitières

Les surfaces fruitières en mode de production biologique représentaient en 2008, 5,8% des surfaces fruitières hexagonales. Avec 10 954 ha, cette production était en progression de 13,5% par rapport à 2007, dans un contexte de baisse de la production nationale de fruits (-2,8%). La première région de production de fruits biologiques était Rhône-Alpes (2 480 ha certifiés, en progression de 9%), suivie de Provence-Alpes-Côte d’Azur (1 608 ha, +23,3%), Languedoc-Roussillon (1 414 ha, +19,2%) et enfin Aquitaine (1 282 ha, +12,5%).

Au niveau des espèces cultivées, près d’un tiers des surfaces fruitières concernaient des fruits à coque (principalement châtaigne et noix) et un quart la production de fruits à noyaux (abricots, prunes et olives). Les fruits à pépins représentaient au minimum 11% des surfaces en 2008 avec principalement des pommes. A noter que 13% des fruits sont dans une catégorie « autres fruits » qui incluent notamment les vergers mixtes où plusieurs espèces sont cultivées sur la même parcelle. Les surfaces par espèces se trouvent de ce fait sous-estimées, en effet des surfaces fruits à pépins ou à coque peuvent de fait figurer dans cette catégorie. Parmi les plus fortes hausses, on peut remarquer l’importante progression des surfaces en oliviers qui ont fait un bond de 40% en 2008.

Les chiffres clés de l’agriculture biologique en France

Les productions végétales
Sur les 583 799 ha certifiés en 2008, 2/3 étaient des surfaces toujours en herbe ou des surfaces cultivées avec des plantes fourragères. Les grandes cultures couvraient 20% des surfaces en mode de production biologique et les cultures pérennes (vigne et arbres fruitiers) entre 6 et 7%. L’année 2008 a été marquée par une forte augmentation des surfaces en vignes, qui confirme les tendances observées en 2007. Les PPAM (Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales), les légumes frais et les fruits ont aussi des dynamiques de forte progression. On note également la progression significative des céréales (+11,8%), qui intervient après un certain calme voire des baisses depuis 2005. Cette dynamique est en cours d’amplification grâce notamment aux relèvement des plafonds ou aux déplafonnements des aides à la conversion dans certaines régions en 2009.

Le vignoble bio accélère son rythme de conversions
Avec plus de 28 000 ha en mode de production biologique, soit +25,2% par rapport à 2007, la vigne bio accentue sa forte progression enregistrée en 2007/2006 (+20%). Dans un contexte de réduction de l’ensemble des surfaces viticoles nationales. La part du bio tend, par ce double effet, à accroitre sa part dans le paysage viticole français de façon importante. En effet, la vigne bio représentait en 2008, 3,3% des surfaces viticoles françaises. Le nombre de viticulteurs engagés a augmenté dans des proportions similaires avec plus 21% en 2008, par rapport à 2007. On comptait en 2008, 2 301 viticulteurs. En 2007 et 2008, l’accélération du rythme des conversions en bio des vignes (dont la période de conversion est de 3 années) se traduit par une part très importante en conversion (44% en 2008). Parmi, les trois régions qui regroupaient les 2/3 des surfaces en vigne certifiées, le Languedoc-Roussillon a un dynamisme particulièrement fort avec une progression de près de 36% (soit 8 337 ha), viennent ensuite la Provence-Alpes-Côte d’Azur (6674 ha, +26,1%) et l’Aquitaine (3763 ha, +22,8%). L’Alsace, la Bourgogne et Rhône-Alpes, plus modestes quant à leur part de surfaces en vigne bio, sont également très dynamiques.
 
Légumes frais : poursuite du développement
Avec 8 486 ha, les surfaces en légumes frais cultivées selon le mode de production biologique continuent leur progression (+14,2%). Elles représentaient en 2008 près de 2,2% des surfaces légumières nationales. La Bretagne restait la première région légumière avec près d’un quart des surfaces certifiées (2100 ha en légumes frais en, 2008), soit une progression de 20,4%. En revanche, les surfaces en légumes secs ont continué de baissé (-21% en 2008 par rapport à 2007) suite notamment aux importants emblavements de 2006. En effet, la part des légumes secs a été particulièrement importante dans les rotations en 2006 pour des raisons agronomiques auxquelles se sont ajoutées des raisons économiques liées au bas prix des céréales à l’époque. Les surfaces en légumes secs représentaient en 2008 1 433 ha. Toutefois, la part des légumes secs biologiques restait élevée dans le paysage national. Ces surfaces « bio » représentaient 11,7% des surfaces hexagonales en légumes secs. Plus de 50% des surfaces étaient concentrées dans trois régions : Midi-Pyrénées, Bourgogne et Provence-Alpes-Côtes d’Azur, qui, pour cette dernière, a vu en 2008 ses surfaces en légumes secs progresser de 11%.

Grandes cultures
Une dynamique céréalière très encourageante qui devrait se poursuivre sur 2009 Les surfaces en céréales en mode de production biologique ont augmenté de 11,8% en 2008, dans un contexte où les surfaces céréalières nationales ont progressé de 6%. On note parmi les espèces cultivées, la forte progression du maïs grain (+33,3%) qui contribue à ce dynamisme. Le blé tendre, le triticale et l’orge progressent respectivement de 7,2%, 6,6% et 4,2%. Les mélanges céréales/pois s’imposent dans les rotations si l’on en croit la progression de +13% enregistrée en 2008. Les principales régions productrices de céréales étaient les Pays de la Loire avec plus de 11 000 ha (+9,7%) et Midi-Pyrénées (10 750 ha, +4%). Un tiers des céréales mises en culture en 2008 était du blé tendre, venaient ensuite le maïs grain et les mélanges céréaliers (12% chacun) et enfin l’orge, le triticale (respectivement 11 et 9%) Les surfaces en oléagineux certifiées ont progressé en 2008 de +5,8%. Cependant, cette progression est uniquement liée à l’emblavement de tournesol dont les surfaces font un bond de 24,2%, avec 10 055 ha en 2008, soit les 2/3 des surfaces d’oléagineux en mode de production biologique. A l’inverse le soja (-13,5%) et le colza (-17,8%) sont en net repli. La culture de protéagineux poursuit sa baisse en 2008 avec -15,4%, dans un contexte national de recul des surfaces cultivées en protéagineux. Malgré cette baisse, la place des protéagineux bio a augmenté dans la part nationale, et représente aujourd’hui 5% des surfaces. La féverole (avec près de 2/3 des surfaces) et le pois protéagineux (avec près d’un 1/3 des surfaces) ont été les deux espèces les plus mises en culture en 2008.

Un dynamisme qui se confirme en 2009 pour les plantes à parfum, aromatiques et médicinales
Malgré sa faible part relative (3 907 ha en 2008), la dynamique de croissance des surfaces en plantes à parfum aromatiques et médicinales se maintenait en 2008 avec une progression de +24,8%. La demande progresse du fait du développement des cosmétiques et de l’aromathérapie biologiques. Les principales plantes produites restaient la lavande et le lavandin, qui représentaient plus de la moitié des surfaces bio en 2008.

Hausse des surfaces fourragères en lien avec la progression des élevages herbivores
En 2008, les surfaces toujours en herbe (2/3 des surfaces bio française en 2008) ont progressé de (1,4%) après avoir reculé en 2007/2006, tandis que les prairies temporaires et cultures fourragères augmentaient de 5,8%. Au total, près de 354 360 hectares étaient en mode de production biologique (+3,1 par rapport à 2007), soit près de 3% des surfaces fourragères nationales.

Les productions animales en hausse
Après le maintien, voir le tassement des cheptels en 2007, l’année 2008 se présente avec une hausse du nombre d’animaux bio en particulier pour les bovins laitiers et allaitants.

Ruminants biologiques : les cheptels s’accroissent
Le nombre de bovins certifiés progresse de près de 3%. Cette progression est plus marquée pour les bovins laits (+3,7%) que les bovins viandes (2,1%). Les vaches allaitantes et les vaches laitières biologiques représentaient 1,5% du cheptel national. Le nombre de brebis biologiques a progressé de 1,4% en 2008, avec par orientation :
  • une augmentation du nombre de brebis lait (+12,6%), soit une progression similaire à celle enregistrée en 2007/2006, soit +15%
  • un ralentissement de la diminution du cheptel de brebis viande (-1,4%), après 2 années de net recul (-10,7% en 2006/2005 et -5,1% en 2007/2006).
 
Le nombre de chèvres en revanche chute de façon importante (-22%), et demeure l’exception dans cette tendance haussière généralisée chez les ruminants. Des expertises sont en cours pour valider le chiffre et identifier les éléments d’explication, sachant que le nombre d’élevages caprins bio augmente.
 
Repli des truies après la forte progression en 2007
Repli du nombre de truies, avec toutefois une stabilité du nombre d’élevages et un nombre d’animaux supérieur à toutes les années précédentes, excepté 2007.
 
Les volailles bio en progression
Le nombre de poulets de chair et de poules pondeuses certifiés a augmenté respectivement de 17,1% et 5,2% en 2008 par rapport à 2007. Les poules pondeuses comme les poulets biologiques représentaient 4% de la production nationale.

L’agriculture biologique dans les régions

plus de 60% des surfaces et des exploitations étaient localisées dans 7 régions, comptant chacune plus de 1 000 exploitations certifiées : Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Aquitaine et Bretagne.
L’Outre-mer, l’Alsace et le Languedoc-Roussillon : les plus fortes progressions du nombre de producteurs bio
L’augmentation du nombre d’exploitations certifiées en 2008 par rapport à l’année 2007, a été spécialement marquée en Alsace (+30%), en Languedoc-Roussillon (+22%), ainsi que dans les DOM (+41%). Il est à noter que l’ensemble des régions ont vu leur nombre de producteurs engagés en agriculture bio augmenter entre 2008 et 2007.

Midi-Pyrénées : en tête des régions pour leurs surfaces bio
Plus de la moitié des surfaces bio se trouvait dans cinq régions : Pays de la Loire, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que Languedoc-Roussillon.
Avec 67 882 ha certifiés, la région Midi-Pyrénées est la première région française en termes de surfaces en mode de production biologique. Elle détrône de ce fait la région Pays de Loire (65 884 ha). Les surfaces certifiées étaient les plus importantes en 2008 dans les départements de la Drôme (plus de 24 000 hectares), de Loire-Atlantique (près de 24 000 ha), de l’Aveyron (près de 22 000 ha) et du Maine-et-Loire (plus de 15 000 ha).
C’est dans la Drôme et en Guyane que la place de l’agriculture biologique dans le territoire agricole était la plus forte, avec un peu plus de 10% (respectivement 10,7% et 10,5%) de la SAU certifiée, puis en les Bouches-du-Rhône et les Hautes-Alpes (respectivement 8,5% et 8,3%).

En 2008, les Départements d’Outre-mer avaient une dynamique de croissance des surfaces bio très forte. En France métropolitaine la dynamique de développement des surfaces a été particulièrement forte dans les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime, la Loire, en Corse, dans le Gard et le Var, avec des taux de progression supérieurs à 25%.

Les préparateurs bio en France 7 398 entreprises de transformation et de distribution certifiées en 2008

Depuis 1995, l’observatoire national de l’agriculture biologique recense les entreprises de préparation et de distribution certifiées en agriculture biologique. La forte augmentation constatée depuis 2006 résulte essentiellement de l’évolution de la réglementation : depuis le 1er juillet 2005, l’obligation de certification a été étendue aux distributeurs de produits biologiques. Evolution du nombre de préparateurs et distributeurs certifiés en agriculture biologique : Source : agence bio / OC
 
Plus de 5 600 préparateurs de produits biologiques certifiés en 2008
Le nombre d’entreprises réalisant des opérations de transformation de produits agricoles biologiques, de conservation et/ou de conditionnement, rassemblées dans la catégorie des « préparateurs1 », s’élevait à 5 626 dont près de 9% étaient spécialisés bio en 2008 (+12% par rapport à 2007).


*1- Les préparateurs regroupent les abattoirs, bouchers, boulangers, conditionneurs, façonniers, organismes stockeurs, restaurateurs, sous-traitants, terminaux de cuisson et les entreprises de transformation. Un producteur qui transforme sa production n’est pas comptabilisé parmi les préparateurs à moins qu’il achète plus de 50% des produits qu’il transforme.


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